Château d'Azay-le-Rideau

 

Azay-le-Rideau est un petit château dont le charme a su séduire pas moins de trois monarques : François Ier, Henri III et Louis XIII et tous les amoureux des belles pierres.

Le château existe à Azay-le-Rideau vers la fin du XIe ou au début du XIIe siècle. Un nommé Ridel d'Azay est attesté en 1118. A ce moment le château appartenait à Rideau ou Ridel d'Azay -  la personne rendue célèbre par sa cruauté.

Le premier édifice connaît  de nombreux aménagements durant la période médiévale, mais est rasé de fond en comble par le dauphin Charles (futur Charles VII) en 1418. La garnison bourguignonne qui l'a insulté est passée au fil de l'épée (350 hommes). Le site conservera jusqu'au cœur du XVIIIe siècle le nom d'Azay-le-Brûlé.

Le maître de la chambre des comptes des rois Charles VIII et Louis XII, un bourgeois nommé Martin Berthelot, fait l'acquisition de la seigneurie à la fin du XVe siècle. Son fils, Gilles Berthelot, en hérite à sa mort dans les premiers mois de 1515. Maire de Tours et trésorier des finances royales, Gilles est autorisé par lettre patente du 4 avril 1515 à rétablir les « fortifications d'Azay ». Dès 1518 les travaux débutent. Les mâchicoulis, les créneaux, les tours ou tourelles d'angle, les douves, les toitures en poivrière constituent autant de signes de puissance. Un splendide escalier monumental assure la communication verticale.

Mais cette richesse affichée de manière trop ostentatoire ne sied pas à tous. Berthelot n'est pas noble de naissance mais d'origine roturière et la vieille aristocratie ne manque jamais une occasion d'abattre un parvenu de ce type. Il a été accusé par des nobles de tromper la confiance de son roi, en puisant dans la cassette royale afin de s'enrichir : François I, piètre gestionnaire et monarque toujours impécunieux, prête une oreille attentive. Il faut bien un ou plusieurs responsables pour expliquer sa banqueroute permanente : pour se donner bonne conscience, il accuse Semblançay, son surintendant général des finances de malversations. Semblançay s'enfuit, arrêté, il est condamné et pendu en 1527. Gilles prend peur et s'échappe vers Cambrai, en 1528, abandonnant Azay inachevé. Il mourra en exil sur les terres de Charles Quint.

Le roi donne alors Azay à l'un de ses compagnons d’armes : Antoine Raffin. Ses descendants occupent les lieux jusqu'à la Révolution. Le château est acheté en 1791 par le marquis Charles de Biencourt. Le dernier rejeton de la lignée, ruiné, vend en 1905 la propriété familiale à l'État.

 

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